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A831 : rendez-vous satisfaisant avec le ministre des transports

Reçue le mardi 5 novembre par le ministre des transports, une délégation* d’élu-e-s EÉLV du Poitou-Charentes et des Pays de la Loire a été reçue par Frédéric Cuvillier, le Ministre, des transports, pour évoquer le projet d’autoroute A831 Fontenay-le-Comte/Rochefort et la LGV Poitiers/Limoges. Projet inutiles, couteux et aberrants d’un point de vue écologique comme économique.

Dans la cour du ministère des transports : François de Rugy, Michel Perrier, Véronique Massonneau, Jean-Philippe Magnen et Tony Demeurant.

Fort de l’analyse sans appel de la Commission Mobilité 21 repoussant le projet à un « horizon lointain », après 2050, « la délégation a mis l’accent sur les alternatives à des projets d’infrastructures au coût prohibitif et à l’impact environnemental irréversible » explique Tony Demeurant, coordonnateur du groupe local EÉLV Vendée Sud.

Les élu-e-s écologistes ont plaidé pour un nouveau regard sur la mobilité, avec des choix en accord avec les enjeux du 21ème siècle : répondre aux besoins quotidiens des usagers, faire des économies budgétaires, tout en préservant le patrimoine naturel et en tenant les engagements de la France sur les émissions de gaz à effet de serre.

Ainsi, plutôt que de mettre en chantier l’A831, une autoroute sur pilotis à travers le Marais Poitevin – option déjà repoussée en son temps par François Mitterrand-, ils ont préconisé, côté route, de réaliser le contournement de Marans. Pour Bernard Ferrier maire de Marans, «Le tronçon coûterait environ 35 millions d’euros, contre 890 millions pour l’autoroute ».

Côté rail, en Pays de la Loire, ils ont insisté sur l’urgence à rénover la ligne Bordeaux-Nantes, notamment sur la partie La Rochelle-La Roche-sur-Yon. « Cette ligne existante nécessite une remise à niveau qui profiterait aux nombreux usagers qui la fréquentent. Un nouvel arrêt à Velluire (Vendée), ouvrirait ce territoire en évitant la logique du tout transport routier » précise Michel Perrier, membre de la Commission transport au Conseil régional des Pays de la Loire.

Concernant le projet de LGV Poitiers-Limoges, les alternatives ont été également avancées par Véronique Massonneau, députée de la Vienne : sécurisation et l’amélioration de la RN entre Poitiers et Limoges ; renforcement de la desserte TER sur la ligne existante Poitiers-Limoges et investissement dans la modernisation de la ligne Paris-Orléans-Limoges-Toulouse, qui mettrait Limoges à 2h20 de Paris sans LGV.

Dans les derniers bilans de la SNCF, on voit clairement que la fréquentation des TGV se tassent, tandis que les TER ou Intercités sont plébiscités par les usagers. Pour sa part François de Rugy, député de Loire-Atlantique., soulignait  » Nous ne pouvons plus raisonner à coups de grands projets, en ignorant que le prix du péage ou du billet vont condamner ces infrastructures impossibles à rentabiliser, tandis que l’environnement aura été encore sacrifié « .

Au fil de l’entretien, le ministre a déclaré que les événements  récents, tant la suspension de la taxe poids lourds, que les conséquences financières que cette décision entraîne, auraient des incidences sur le calendrier de discussion et de décision concernant les investissements sur les infrastructures de transports des Contrats de Projets État Région (CPER).

Les élu-e-s EELV sont ressortis satisfaits de ce rendez-vous : « Le ministre n’a pas éludé les questions. Toutefois, il n’a pas pris d’engagement précis, en affirmant clairement que les décisions n’étaient pas prises, explique Jean-Philippe Magnen. Relevant bien les conclusions du rapport Duron, il a qualifié l’entrevue de « rendez vous d’étape ».